2008, le RTM et l'AIRAP- des questions et une.... réponse

 

Le 18 août dernier, l'AIRAP écrivait un long courrier au RTM .

La réponse du RTM vient de lui parvenir.....en 5 lignes......Que le lecteur se fasse son opinion.

Lire, ci-dessous, le courrier de l'AIRAP au RTM et la réponse du RTM ( courrier retapé, en attente de numérisation).

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Le 18 août dernier, l'AIRAP écrivait un long courrier au RTM .

La réponse du RTM vient de lui parvenir.....en 5 lignes......Que le lecteur se fasse son opinion

Lire courrier de l'AIRAP +post scriptum, ci-dessous et dans le"document attaché"


Association pour l’Information sur les Risques d’Avalanche et leur Prévention


10 rue du Général d’Harcourt - 76700 Gonfreville l’Orcher


Gilbert Delaunay, Président  06 12 38 21 36 - e-mail : gilbert.delaunay@wanadoo.fr

Adresse postale : 10 rue du Général d'Harcourt, 76700 Gonfreville l'Orcher


Jean-Claude Bourdais, Trésorier  06 07 65 65 65 - e-mail : jc.bourdais@spf-paris.com

vice-président Adresse postale : 32 rue La Boétie, 75008 Paris


Le 18 août 2008

M. Nicolas Karr

Chef du Service RTM

RTM 74

6, avenue de France

74000-Annecy


Monsieur le Chef du service RTM 74,


Nous sommes les 3 fondateurs de l’AIRAP, association créée il y a 3 ans à la suite du procès du Maire de Chamonix . Nous vous avons rencontré à plusieurs reprises lors de rendez-vous tenus au RTM ou à la DDE ;

Nous voulons rappeler ici que l’AIRAP n’est pas une association de défense de riverains mais une association de victimes : chacune de nos familles a perdu un enfant lors de l’avalanche de Montroc (12 morts) le 9 février 1999 ; notre souci est de faire en sorte que d’autres « Montroc » ne se reproduisent pas.

Vous savez la responsabilité qu’a eue, à l’époque, la cartographie du secteur, dont le RTM est en charge, dans la non prise en compte des menaces concernant ce secteur par le Maire. Pour autant, les services de l’Etat n’ont pas été poursuivis. La raison d’être de l’organisme que vous dirigez en Haute-Savoie est de réaliser de bonnes cartes de risques.


De notre côté, nous avons, depuis près de 3 ans, eu des contacts très actifs avec le RTM 74, la DDE 74 et le Préfet de Haute-Savoie dans le souci d’aboutir au meilleur PPR Avalanches possible, en proposant notre aide dans le cadre des compétences de notre Comité d’experts, dont le président est M. Richard Lambert, expert en neige et avalanches, agréé par la Cour de Cassation.

Cet appui a été proposé d’abord au niveau de l’élaboration de ce PPR et refusé par le Préfet et le RTM 74. Nous avons ensuite décidé, devant l’importance du sujet, de financer une étude de ce PPR pendant la courte période avant l’enquête publique où nous avons pu avoir accès au projet et de la confier à M. Lambert.

Nous avons depuis, à partir du rapport remis par M. Lambert au commissaire-enquêteur, demandé en vain de faire entendre par nos interlocuteurs, DDE, Préfet, DPPR et DPPRM, et bien sûr RTM, nos remarques sur une quarantaine de couloirs sur les 80 étudiés dont nous avons fourni la liste.


Finalement, nous a été proposée par le Préfet une rencontre à Annecy (alors que nous la demandions sur site), à la DDE, en présence du directeur de la DDE, de vous-même, Chef du bureau RTM 74 et de M. Liévois, votre collaborateur, responsable du projet.

Nous nous y sommes rendus avec réticence compte tenu de la tenue « en chambre » de cette réunion ; également à cause de l’absence réelle de compétences nivologiques des personnes présentes (hormis M.Lambert et M.Liévois) et de leur méconnaissance de la Vallée de Chamonix.

D’un commun accord, il avait été convenu, préalablement, que 5 couloirs seraient examinés, que l’échange serait transparent (toutes pièces et commentaires remis à chacune des parties) et le compte-rendu commun.(Taconnaz, Pélerins, Moëttieux, Fis sud et Fis Golette).

Sur ces 5 couloirs examinés et choisis comme étant représentatifs de la variété de couloirs de la Vallée, M. Justiniany, directeur de la DDE 74, au vu des éléments apportés, a estimé que 3 d’entre eux devaient donner lieu à un complément d’analyse, Pélerins, Fis Golette, et Moëttieux, ( incorporant, dans leur périmètre, notamment, une école, une route internationale, des H.L.M).

Depuis l’échange des premiers compte-rendus, nous demandons en vain, conformément aux engagements, pris de recevoir le compte-rendu final que vous avez réalisé,.

Nous le demandons avec d’autant plus d’insistance que nous savons que ce compte-rendu existe, signé par vous, directeur du RTM 74, et que des extraits nous en ont été lus par la DPRM.

C’est au vu de ce rapport que le Directeur départemental de l’équipement, conseil du Préfet en la matière, nous a écrit récemment (courrier joint) qu’il ne voyait aucune raison de modifier le PPR sur les trois couloirs remis à l’étude à la suite de notre réunion du 7 avril.


-Un de ces extraits concerne la contestation d’une photo d’avalanche remise, par nos soins, le 7 avril (avalanche tombée en février 1980 et donc parfaitement connue de vos services) sur le secteur de la Fis Golette. Cette photo montrerait, selon le RTM 74, une accumulation de neige poussée par un engin mécanique. On croit rêver. Ce refus d’admettre des réalités est d’autant plus grave que des travaux routiers sont prévus à cet endroit pour sécuriser une route grâce à un tunnel qui débouchera justement à l’emplacement de cette avalanche. (copie d’un article récent paru dans la presse montrant à nouveau cette avalanche récente).


-En ce qui concerne les Pélerins, les témoignages apportés par nous et à votre disposition depuis longtemps, incontestables, confirmés par un nouveau témoignage depuis, concernent un secteur où se trouvent une école, un H.L.M, une auberge de jeunesse (souvenons nous de Val d’Isère en 1970-39 morts) et de nombreuses habitations. L’un de ces témoignages, datant du 20 ème siècle(1936), échappe à la logique du « petit âge glaciaire » comme nous l’écrit M. Justiniany dans son courrier du 5 août 2008.



-Enfin en ce qui concerne les Moëttieux, la découvert récente d’un couloir d’avalanche par M. Liévois, (pourtant jamais identifié dans les CLPA auparavant), à la suite d’un témoignage intervenu après l’enquête de secteur, nous a amené à nous poser des questions de toutes natures sur le comment et le pourquoi de cette nouveauté.

Ces questions ont été amplifiées par le fait que le nom du témoin ayant suggéré à M. Liévois de rajouter ce couloir ne figure pas dans les documents habituels


Au cours de la réunion en présence de M. Justiniany et vous-même, a été posée par l’AIRAP, à trois reprises, donc avec une insistance forte…, la question de la source de ce témoignage.

M. Liévois nous a, finalement, indiqué, avec réticence, que celle-ci habitait les Houches et était d’une famille « haut-placée » de Chamonix. Nous redisons, dans ce courrier, à votre attention, ce que nous avons dit au cours de cette réunion du 7 avril 2007 : quelque temps auparavant, le propriétaire de terrains situés sous cette coulée dite « grand couloir du réservoir » et sous un thalweg parallèle, secondaire, ( pour lequel vos cartes indiquent un aléa fort dont l’intensité nous semble, en l’état, tout à fait surévaluée) s’est vu proposer par un promoteur bien connu de la Vallée de les lui acheter à un prix légèrement supérieur à celui du terrain inconstructible…

M. Lambert s’est déplacé, dès le lendemain de cette réunion du 7 avril à la DDE, où nous était montrée triomphalement par M.Liévois une photo de« laisse » d’avalanche justifiant l’existence de ce couloir, pour vérifier que cette « laisse » était constituée de branches coupées à la tronçonneuse. Ces photos, prises par lui, ont été déposées quelques jours plus tard à la DDE à M. Legret , qui vous les a communiquées.


Lundi dernier 11 août, juste avant la réunion publique organisée par l’AIRAP à Chamonix et réunissant une soixantaine de personnes, dont des représentants de toutes les associations de la Vallée et de la Municipalité, M. Lambert a emmené sur le site des Moëttieux une quinzaine de personnes dont un conseiller municipal de Chamonix et chacun a pu voir in situ la réalité de ce prétendu couloir d’avalanche et l’accumulation de ces branches tronçonnées d’origine naturelle et anthropique tout au long de ce couloir. Quelques personnes en ont rapporté pour les montrer au cours de notre réunion.


Vous voyez, Monsieur, que les raisons qui nous font vous écrire sont importantes. L’absence de retour final du compte-rendu prévu, la légèreté de l’argumentaire que nous savons être incorporé dans ce rapport et qui ne pourra qu’être mis en évidence un jour ou l’autre, nous font penser qu’il est temps d’attirer votre attention sur la responsabilité qui est la vôtre du fait de ces prises de position. Responsabilité qui est la vôtre mais aussi que vous faites courir au RTM lui-même dans son ensemble, dont vous dépendez. Ceci, sans parler de la réputation de cet organisme qui ne pourra qu’être ternie par tout ce qui est rapporté ici.

Circonstance aggravante, sur les trois sites considérés comme à revoir par le directeur de la DDE 74, le refus du RTM 74 d’admettre son approche erronée par la confirmation de ses positions initiales, a amené le Préfet, responsable de l’approbation du PPR, à nous écrire qu’il ne lui semblait pas utile de regarder plus avant les 35 et quelques couloirs que nous lui avions signalés comme à revoir ou à rectifier..(sur les 80 sur 117 étudiés par M.Lambert).

Sans doute faut-il voir dans ce que nous considérons comme de très sérieuses dérives le résultat d’avoir laissé travailler en solitaire, pendant plusieurs années, assisté seulement de stagiaires et de personnel intérimaire ou détaché, une personne dont les appuis et sources d’information ont pu prendre progressivement une place qui n’étaient pas ajustée au fonctionnement normal d’un service RTM.

La logique des 3 couloirs à revoir sur les 5 examinés doit normalement déboucher sur la révision d’environ 25 couloirs sur la quarantaine mentionnés sur notre liste. Les conclusions récentes que le Préfet nous a communiquées montrent que, du fait de votre rapport, il ne souhaite pas aller plus loin dans l’écoute d’avis documentées et expertisés de risques rééls.

Il s’appuie pour cela sur les conseils de la DDE laquelle, n’ayant pas de compétences sur ce sujet, se retourne sur le RTM 74 qui apparaît dans l’incapacité de reconnaître ses erreurs.

Que le Préfet et le Directeur départemental de l’équipement de Haute-Savoie, que la DPPR et la DPRM largement alertées par l’AIRAP et M. Lambert, par ce refus d’écouter d’autres avis qui devraient ébranler leurs fausses certitudes compte tenu des preuves apportées, assument pleinement leurs responsabilités dans le futur, ne retire rien aux vôtres et ni à celles du RTM .


C’est, en somme, l’histoire du sang contaminé qui risque fort de se reproduire : « ils savaient et ils n’ont rien fait…. ». et vous n’ignorez rien des conséquences éventuelles d’une nouvelle cartographie des risques dont les premières victimes seront toujours ceux qui n’ont eu accès ni à l’information ni à l’expérience des anciens.


Nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de nos sentiments distingués.


Le Président


Gilbert Delaunay

Les vice-présidents

-Jean-Claude Bourdais

-Jean-Guy Cuvelier


Post scriptum :

-nous persistons dans notre demande de communication du dernier compte-rendu relatif aux trois couloirs ayant fait l’objet d’un complément d’enquête, rédigé et signé par vous.

-nous demandons qu’une enquête interne soit réalisée pour connaître la personne non identifiée à l’origine du témoignage sur le couloir des Moëttieux et les raisons qui ont fait que ce couloir a été ajouté, après-coup, par M. Liévois.

-nous persistons dans notre demande d’organisation de réunions sur site, entre M. Liévois, M. Lambert mais accompagnés d’une personne jugée compétente en nivologie, (hors RTM 74 ) pour passer en revue la quarantaine de couloirs dont la liste vous a été fournie par le biais du rapport du commissaire-enquêteur. Il serait certainement utile que le chargé de la sécurité de la commune de Chamonix, M.Verdier, puisse être présent à ces visites.

Pour ce dernier point, M. Lambert estime que 15 jours sur le terrain, au maximum, sont nécessaires pour mener cette concertation à bien.

-le quatrième point auquel nous demandons réponse, et nous le demanderons aussi au CEMAGREF, est le motif qui a poussé M. Liévois, RTM 74, à demander au CEMAGREF une révision à la baisse de l’emprise d’avalanches figurant dans la CLPA précédente dans le secteur du Planet et des Pélerins. Cette prise de position nous semble complètement incompatible avec les méthodes d’élaboration des CLPA et gravissime sur le plan de la méthode, particulièrement dans des secteurs construits comme celui des Pélerins, facilitant ainsi, par la suite, les oublis relatifs à ce secteur grandement avalancheux.


Copies -M.Marco, directeur technique du RTM-Grenoble

-M.Michel, directeur de la DPPR

-M.Hubert , directeur de la DPRM

-M.Justiniany, directeur départemental de l’équipement 74

-M.Legret, chef de la cellule risques à la DDE 74

-M.Fournier, Maire de Chamonix

-M.Verdier, adjoint au Maire, en charge de la sécurité

-M.Bilaud, préfet de Haute-Savoie

-MEEDDAT

La Réponse du RTM :

Courrier reçu du RTM, retapé, en attente de numérisation :



Office National des Forêts


ONF

Rhône -Alpes Monsieur Delaunay

Restauration Président de l'AIRAP

des Terrains

en Montagne


N/Réf : 461/NK/CQ

OBJET : PPR commune de Chamonix


Service départemental Annecy, le 12 septembre 2008

de Haute-Savoie

6, avenue de France



Monsieur,


Dans un courrier daté du 18 août 2008, vous me faites part de vos observations concernant le projet de PPR de la commune de Chamonix. L'élaboration de ce PPR correspond à une commande de l'Etat, représenté par la DDE, au service RTM. Aussi il ne nous appartient pas de décider de vous communiquer des éléments internes à la procédure PPR.



Veuilléz agréer, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.




Le Chef du service RTM


Nicolas Karr



Copie : M. le Préfet de Haute-Savoie

M. le Directeur de la DDE de Haute-Savoie

M. Marco, Directeur technique National RTM




Office National des Forêts


Certifié ISO 9001-ISO 14001

Publié par AIRAP , le 06 octobre 2008

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