A Chamonix, exemples du déni de réalité

 Le rapport Guignard- Le Gallou s'exprime sur ce qu'il appelle le déni de réalité.

Pour illustrer concrètement ce qu'il entend par là, voir le texte joint, sous pdf. à droite de cette page intitulé: Armand Charlet ...et d'autres avis

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Le PPR de Chamonix, prescrit en 2001, est passé en enquête publique en 2007. Il a été approuvé par le Préfet en 2011.

Pendant 6 ans, le rédacteur, une personne du RTM, a travaillé sur ce dossier.

Après l'enquête publique, l'AIRAP, s'appuyant sur le rapport de l'expert Richard Lambert, expert en avalanches, expert national auprès de la Cour de Cassation, homme totalement indépendant comme se doit de l'être un expert qui se respecte, a demandé que soient revus une quarantaine de couloirs "urbains" sur les 117 que comporte la commune. Impressionnant.

La DGPR, le Préfet, ont finalement accédé en 2010, à cette demande, devant les preuves accablantes fournies sur quelques couloirs approfondis en commun en 2008 (DDT 74, RTM 74, Richard Lambert, AIRAP).

Richard Lambert est chargé, par le Préfet 74, d'une analyse complémentaire de ces couloirs d'avalanches urbaines. Ses travaux, achevés fin 2011, seront pris en compte par une commission de trois experts en cours de nomination à cet effet.

Incompétence du rédacteur, mise sous influence ou toutes autres raisons peuvent expliquer ces interrogations massives sur un document rédigé pour le compte de l'Etat et publié par lui. L'AIRAP ne se prononce pas. Cela ne l'empêche pas d'avoir quelques idées sur le sujet.

Le déni de réalité pratiqué par certains est une explication dont chacun, en lisant les textes joints, pourra comprendre certaines des motivations.

Les rapporteurs ne sont pas dupes de ce qui se passe, à Chamonix d'évidence mais ailleurs aussi. Ils ont eu le courage d'aborder ce sujet. Qu'ils en soient remerciés. Ils auront contribué,nous l'espérons à faire réfléchir un peu plus ceux qui, trop souvent, s'essaient, sans risques, de dissimuler les réalités. Val d'Isère, Montroc-Chamonix, Xynthia, sont là pour rappeler les conséquences de ces dissimulations ou de ces silences. Le silence est d'or, dit le dicton, mais il y a un devoir de dire, surtout lorsque, derrière ces dénis, ce sont des vies humaines qui sont en cause.

L'AIRAP, au cours de ses 6 années d'existence et de combats, n'a jamais voulu revenir sur le passé. Devant la persistence de l'opposition de certains à ce que soient adpoptées les mesures raisonnables imaginées par les services de l'Etat pour que le risque d'avalanches urbaines soit pris en compte plus efficacement, elle a décidé d'aller dans cette direction et dire non, elle aussi au déni de réalité.

Monsieur Saddier, député de Chamonix, et ...maire de Bonneville, ville de plaine, a des raisons de s'opposer, becs et ongles, à l'adoption du Guide Méthodologique Avalanches national qui préconise depuis 2004 de de prendre en compte à travers les zones jaunes, les avalanches pluri centennales (au delà du siècle) comme c'est le cas dans tous les pays d'Europe montagneux. Il le fait en s'appuyant sur l'ANEM, association des élus de montagne dont il a été le président et dont il reste le porte-parole pour ce sujet. Cette association de 4000 communes ne semble pa, de ce fait, très concernée par les problèmes qui ne touchent que 292 de ses membres et cela est dommage pour son image.

"je ne voudrais pas qu'en reconnaissant les zones jaunes avalanches, ils retiennent ce concept et me mettent des zones jaunes inondations", nous a-t-il dit lors d'un premier rendez-vous. Un bel exemple de raisonnement au service de sa mairie mais pas à celui des personnes en secteur de montagne qu'il est censé représenter par son mandat de député.

Son argumentaire, par ailleurs, est le suivant: "une inondation à Bonneville ou à Paris est aussi dangereuse qu'une avalanche à Chamonix"- "la planète se réchauffe, les avalanches, donc..., on ne sait pas évacuer. Ahurissant!

Il faut savoir qu'à Bonneville, comme à Paris, les inondations, si elles peuvent exister, ne sont pas de nature torrentielle (les seules effectivement dangereuses, de par leur soudaineté) mais "graduelles" dans leur arrivée, laissant le temps de quitter les lieux, ou... d'enfiler de bonnes bottes. Mais, sans doute, ne faut-il pas risquer d'inquiéter des acquéreurs de terrains industriels ou d'habitation, devant ce risque pluri centennal.

Comment font donc, en Floride, les quelques centaines de milliers de personnes qui, tous les ans, sont amenées à quitter leur logement en cas d'alerte de cyclone? Chaccun sait, enfin, que plus la planère se réchauffe, plus les épisodes météorologiques de grande intensité ont vocation à se produire.

Publié par AIRAP , le 17 novembre 2011

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