Août 2008- CEMAGREF et risques d'erreurs

 

Le CEMAGREF est responsable de la cartographie de l'histoire des avalanches.

Logiquement, il ne peut y avoir d'erreurs possibles dans le relevé a minima, sauf  avalanches inventées, oublis, mauvaises interprétations ou faux témoignages.

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Fin 2004, le CEMAGREF publiait la nouvelle CLPA (carte de localisation des phénomènes d'avalanches) de la commune de Chamonix.

Un premier exemple inquiétant:

Cette carte "oubliait" le périmètre d'une avalanche qui, en 1978, au village du TOUR (Chamonix) avait pourtant fait 5 morts dans un chalet traversé par la coulée.

La cartographie de ce secteur avait pourtant fait l'objet d'une validation par des personnes du secteur, généralement qualifiées de "sages" ou de "sachants". L'AIRAP avait immédiatement réagi, en informant le CEMAGREF, au niveau national, qui avait modifié la cartographie du secteur. Oubli du rédacteur de la CLPA et des "sachants" du secteur transformés en "oublieux" ou en "taisants"?

Lors de ce rendez-vous entre le CEMAGREF et l'AIRAP, en présence de M. Richard Lambert, président du Comité technique de l'AIRAP, expert en neige et avalanches, agréé par la Cour de Cassation, le CEMAGREF avait reconnu, et l'avait écrit par la suite à l'AIRAP, l'utilité du "double regard", c'est à dire de la mise en commun, dans ce type de construction cartographique, de l'expérience de deux personnes dont l'approche différente permettait de couvrir les domaines de l'histoire des avalanches, bien sûr, mais aussi d'intégrer des informations géo-morphologiques, forestières, nivologiques, glaciaires, entre autres. De professionnels à professionnels....

Un deuxième exemple qui l'est tout autant:

Par définition, l'histoire des avalanches, notamment constituée par les témoignages historiques recueillis par les anciens qui, à l'époque, avaient tous un réel souci d'information et de mémoire, ne se réforme pas, c'est-à-dire qu'on ne peut faire disparaître une avalanche dans son périmètre décrit,... sauf à prouver qu'il s'agissait d'un faux-témoignage ou d'une erreur.

Or, une fiche de secteur, document conclusif de la cartographie du nouveau PPR Avalanches de Chamonix, en cours d'approbation depuis août 2007, indique que le responsable en charge du PPR de la Vallée, appartenant au RTM 74, a demandé et obtenu du CEMAGREF-ETNA une réduction du périmètre précédemment défini dans la cartographie de la CLPA antérieure à celle de 2004. Il y a là une anomalie sur laquelle le CEMAGREF vient d'être interrogé par l' AIRAP qui est en attente d'une réponse précise.

La fiche de secteur concerne l'avalanches des Pélerins. Considéré comme largement sous-estimé par l'AIRAP, ce secteur englobe une auberge de jeunesse (on se rappelle Val d-Isère en 1970, 39 morts), une école, des HLM, etc...Les témoignages anciens et récents (1936) ont été fournis par l'AIRAP à la DDE, au Préfet, à la DPPR et à la DPRM...et aussi au RTM, à l'origine de la réduction de ce secteur dans la CLPA. De nouveaux témoignages issus de l'Association des amis du Vieux Chamonix ont été communiqués à nouveau au RTM au cours de l'été.

L'AIRAP a aussi interrogé le RTM sur les motifs qui lui ont fait demander au CEMAGREF de revoir le périmètre de ce secteur avalancheux. Quelques détails supplémentaires sur ce dossier seront, sans doute, bientôt publiés par l'AIRAP dès l'accord des personnes concernées. Ils risquent d'apporter une réponse possible, même si inédite, aux questions que l'AIRAP a posées....

Le CEMAGREF a-t-il été induit en erreur par le RTM ou les deux organismes ne sont-ils pas aussi indépendants qu'ils le disent?

Quelle serait la responsabilité du CEMAGREF dans cette réduction de la CLPA du secteur des Pélerins dans l'hypothèse d'un nouveau drame du type Montroc ou Val d'Isère?

Publié par AIRAP , le 24 août 2008

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