Décembre 2010-Chamonix- La sécurité des personnes face au risque d’avalanche urbaine- Suite

 Depuis mars 2010, pour Chamonix, certaines choses ont bougé,... mais dans le mauvais sens. D'autres pas du tout.....

Après l'affaire du "sang contaminé", celle du Médiator" prend la relève." Ils savaient et ils n'ont rien fait".

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décembre 2010

Cet article fait suite à celui publié en Mars 2010 et intitulé: Chamonix, la sécurité des personnes face au risque d'avalanche urbaine

Il importe de rappeler quelques faits

1. Il existe 117 couloirs d’avalanches identifiés sur le périmètre de la Commune.

2. Le Maire de l’époque, avait été condamné en 2003 à trois mois de prison avec sursis (et immédiatement amnistié...) pour mauvaise gestion de cette période dangereuse

3. A la suite de cette l’avalanche qui a fait 12 morts, un nouveau Plan de Prévention des risques (PPR) a été prescrit,… en 2001, par le Préfet.

4. Ce PPR avait pour objet, en particulier, de préciser les zones dangereuses en prenant en compte

a. Les avalanches d’occurrence centennale, affectant les bâtiments, en les indiquant dans des zones rouges et bleues

b. Les avalanches d’occurrence pluri centennales (au delà du siècle), donc rares et donc particulièrement dévastatrices. Leur extension devait être dorénavant cartographiée à travers un nouveau zonage, les zones d"Aléa Maximum Vraisemblable" (AMV) ou « zones jaunes ». Une zone jaune, ou zone d'AMV, définissait ainsi un secteur qui restait constructible, mais qui devait, en cas de menace, être évacué, aucune construction ne pouvant résister à une avalanche de ce type.

Ce concept d'AMV avait été précisé dans un Guide Méthodologique Avalanche rédigé par les services compétents de l'Administration fin 2003.

5. Ce PPR, après…. 6 ans d’élaboration, est passé en enquête publique en août 2007

6. Sur instruction de Matignon, il a finalement été signé par le Préfet en mars 2010. Deux motifs bloquaient cette approbation:

- Certains dirigeants de l’ANEM, Association Nationale des Elus de Montagne, poursuivaient un forcing politique pour faire disparaître le concept de zone d'AMV (Aléa Maximum Vraisemblable) ou « zone jaune", forcing qu'ils avaient entrepris dès la parution de ce Guide Méthodologique Avalanche.

- L’AIRAP, après une étude solide réalisée par un expert de renom, avait demandé, à la suite de l'enquête publique de 2007 que soient revus une quarantaine de couloirs sur les 117 répertoriés dans la Vallée pour éviter d’autres drames du type Montroc (secteur dangereux "oublié"). Des "zones d'AMV à Chamonix, oui, bien sûr, mais sans en "oublier" un nombre important.

Cette signature du PPR consacre définitivement le concept de "zone jaune" à Chamonix, aux Houches, mais aussi en France car on voit mal aujourd'hui quel Préfet assumerait le risque de signer un nouveau PPR Avalanche sans prendre en compte ce concept d'AMV.

Par ailleurs, cette signature du PPR était accompagnée par la décision de la DGPR (Direction Générale de la Prévention et des Risques), une des branches du MEEDDM, de nommer une Commission composée de trois experts chargée de revoir, comme le demandait l'AIRAP depuis septembre 2007, la quarantaine de couloirs jugés comme à revoir ou rectifier par l'expert de l'AIRAP.

Cette même DGPR, dès décembre 2009, avait prévenu, d'une part le Préfet qui en avait averti le Maire de Chamonix, d'autre part l'AIRAP, que cette nomination interviendrait pour le 20 avril 2010.

Or, cette nomination a été "suspendue" à la demande, comme nous l'a laissé entendre la DGPR, du Cabinet du MEEDDM (Ministre Borloo à l'époque, MM. Carenco et Degos, directeur et directeur -adjoint du Cabinet).

Il y a donc toujours, à Chamonix, un risque potentiel important de voir se reproduire un nouveau drame du type Montroc ou Val d'Isère. Le Maire le sait parfaitement, il en a officiellement été averti, comme le savent la DGPR et les anciens responsables du MEEDDM (Ministre et Cabinet).



Publié par AIRAP , le 29 décembre 2010

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