Dans le cadre du SCoT de l’OISANS (Schéma de Cohérence Territoriale), le projet d’UTN (unité touristique nouvelle) d’un village à construire de 1400 lits aux Deux Alpes avait recueilli l’avis favorable de tout un petit monde, le président du Conseil communautaire de la Communauté de Communes d, le président du SCoT, les présidents du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, du Conseil départemental de l’Isère, du Comité de massif, du maire et de son conseil municipal unanime, sans oublier la DDT (direction départementale du territoire) organe et bras d’étude du préfet de l’Isère) et, bien sûr, la toute puissante en Isère, Direction de la protection civile et de la sécurité intérieure, directement rattachée au préfet, et enfin, en conseil multi parties, le RTM (ONF).                                                                                                                                                                                           Il s’agissait d’autoriser la réalisation d’un village-club dans un secteur totalement inconstructible du fait du risque d’avalanche, connu de longue date, en détournant les règles existantes, pourtant extrêmement claires. Ce secteur, constructible il le devenait en réalisant une grande digue de 400 m de long traversant la zone rouge, ce qui est totalement interdit.

Heureusement, les membres de la commission d’enquête publique, indépendants bien sûr, alertés par l’AIRAP, se sont exprimés clairement sur ce sujet  en rendant un avis défavorable, en écrivant notamment, à propos du RTM :

« La Commission d’enquête s’est trouvée confrontée à des interrogations du public que le rôle du RTM à qui il est attribué de multiples fonctions

Ainsi, dans le cas présent du territoires de l’Oisans , la commission d’enquête note que le RTM joue trois rôles différents

  • Conseiller du préfet, des services de l’Etat (DDT-Service Risques) et des Collectivités en matière d’appréciation des risques (avalanches dans le cas étudié). (Cf Annexe 10) ,
  • Prestataire de service « privé » auprès de la CC Oisans en matière de « conseiller technique» dans le cadre de l’étude des autorisations d’urbanisme en matière de risques (et donc rémunéré à ce titre) ; (Cf Annexe 13),
  • « Bureau d’étude privé », prestataire rémunéré par la commune des Deux Alpes afin d’actualiser la carte des aléas de la zone des Banchets connue pour ses risques d’avalanches (Carte des aléas issue du projet de PPRN de 1999 non abouti). La mission confiée par la commune a pour objet l’étude de la constructibilité de cette zone. »

 Soulignons néanmoins la réserve, non écoutée par ses directeurs au sein de la DDT  et à la préfecture, mais exprimée avec netteté par écrit de la responsable « risques » signalant le non respect des règles existantes. Et saluons l’intégrité intellectuelle de la personne au service du bien public.

Un Club Med très puissant…, spectateur intéressé des conclusions de ce SCoT. Malheureusement pour lui, à la suite du rapport de commissaire-enquêteurs, le projet a été remis sine die, cad abandonné pour sa composante UTN ClubMed.

Monsieur Giscard d’Estaing, président du Club Med, conclut officiellement : Aux 2 Alpes toutefois, le retour du Club semble compromis par les réserves foncières limitées

Un président qui a le sens de l’humour, en somme, et de la litote.